Je vous propose d’entrer dans mon studio le temps de quelques posts, pour découvrir comment je travaille et par quelles étapes (nombreuses) je passe pour créer une fiction sonore. Ca vous tente ?
Aujourd’hui, chapitre 1 : de l’idée au récit.
En 2021, j’étais sur la toute première version de mon roman « Ma chère Irany » et j’étais à mille lieues d’imaginer qu’un jour, je serais en mesure de créer et produire des épisodes de fiction sonore réguliers sur mon podcast – qui n’existait même pas. En fait, pour dire la vérité, je n’avais même pas encore conscience de toute la richesse et la liberté que ce média pouvait offrir. J’étais, comme beaucoup, une lectrice de romans et une consommatrice de séries.
Au fond de moi, je sentais que quelque chose manquait, mais quoi ?
En pleine recherche pour le roman, j’ai commencé à collecter de nombreux faits divers, témoignages, affaires paranormales célèbres et listes de lieux hantés tout autour du monde. Un problème m’est vite venu : comment insérer toutes les affaires qui m’inspiraient dans un seul livre ? Impossible, le manuscrit n’aurait eu ni queue ni tête !
Solution ? Liée à mon envie irrépressible d’écrire sur ces petits bouts d’histoire qui m’avaient captivée : faire une pause dans le livre et coucher sur le papier les récits qui me venaient à partir de ces légendes urbaines. La première que j’ai traitée fut mon premier épisode : La fiancée sur la colline.
Replay : La fiancée sur la colline (Angleterre) / Habibi – Tamino (cover) – Rencontres Surnaturelles : les fantômes de Juliette Dargand
Je suis partie d’un article de la Maidstone Gazette détaillant l’accident de Susan Browne sur la petite route de Blue Bell Hill en plein hiver et les nombreux témoignages recensés à droite à gauche, relatant la présence d’une dame blanche sur le site. Cet esprit aurait malmené plusieurs conducteurs de passage sur cette route.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cet article sur mon site internet : https://juliettedargand.fr/2023/04/10/episode-1-makingof-legende-dame-blanche-bluebelllhill/
J’avais en main de beaux éléments pour démarrer mon récit : une jeune femme désespérée, morte la veille de son mariage ; des témoignages terrifiés ; le paysage anglais et une forêt inquiétante… Tout un tas d’images a envahi mon esprit. J’ai lu, cherché, creusé tout ce que l’on pouvait trouver autour de cette fameuse Susan… Pas grand-chose, mais rien que le fait de voir son visage m’a permis de rendre ces idées qui me trottaient dans la tête beaucoup plus humaines.
Et si c’était vrai ? Que se passerait-il si une jeune femme venait effectivement à mourir sur une route gelée la veille de son mariage et que son âme tourmentée ne parvenait pas à comprendre son décès ? Et si elle restait bloquée sur son désespoir et sa recherche éternelle de l’homme qu’elle a perdu, de ce bonheur fugace qui lui échappe ? OK, un bon point de départ !
Maintenant, rajoutons un autre personnage. Un jeune médecin qui, lui aussi, aurait vécu un traumatisme : la perte d’une personne chère, ce qui lui permettrait de se connecter, en quelque sorte, avec cet esprit tourmenté. Les synchronicités à travers l’au-delà… Et là, ça a fait tilt : c’était ça l’angle que je recherchais, même en écrivant mon roman.
Montrer une autre facette du paranormal. Quelque chose de vivant, d’humain, de bouleversant, loin de l’habituel sensationnalisme. Montrer que nos chemins de vie et d’âmes évoluent le long d’une route sinueuse, qui s’enrichit de chacune de nos expériences vécues.
Et pourtant, cette vision réconfortante de la vie, de la mort, de l’extraordinaire, pourquoi ne pas l’assumer ? Pourquoi ne pas la défendre ? Pourquoi se cacher ?
J’ai donc pris ma plume et je me suis lancée dans un récit court mais plein d’émotion, illustrant la rencontre entre l’esprit de Susan et Brian, et le basculement des certitudes rationnelles vers l’impossible, vers l’irréel. Comment continuer à vivre tel que l’on a toujours été, quand toutes vos certitudes ont valsé et ont été remplacées par un autre monde que vous ne connaissez pas ?
J’ai écrit, puis j’ai ouvert mon ordinateur sur lequel je réalisais mes petites maquettes musicales, et j’ai voulu apporter une dimension sonore à ce récit qui demandait à être porté plus loin qu’uniquement sur du papier.
Mais chut… cela sera pour le deuxième chapitre : du récit à l’audio.
