PODCASTHON 2026
DASTUM – VINCENT MOREL
DASTUM : sauver les voix de Bretagne — dans les coulisses de la collecte du patrimoine oral (Podcasthon)
Venez nous rejoindre pour écouter l’épisode :
PODCASTHON : DASTUM, la mémoire des voix bretonnes (collecte & transmission du Patrimoine oral) – Rencontres Surnaturelles : les fantômes de Juliette Dargand
Il y a des trésors qui meurent chaque jour, faute d’être entendus ou collectés.
Une voix qui raconte un conte au bord d’une table, un air fredonné sans y penser, une façon de prononcer un mot, un silence entre deux phrases… Tout ça, c’est du patrimoine. Et c’est fragile : il suffit qu’une personne disparaisse, qu’une cassette moisisse dans un grenier, qu’un disque dur rende l’âme, et une part entière d’un territoire s’éteint sans bruit.
Pour le Podcasthon, je consacre un épisode à DASTUM, association bretonne qui collecte, sauvegarde et transmet le patrimoine oral depuis 1972. Chants, contes, témoignages, musiques, récits de vie : tout ce qui se transmet de bouche à oreille — et qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Dastum, c’est quoi exactement ?
DASTUM, c’est un port d’attache pour les voix.
Le mot revient souvent quand on parle d’archives : on imagine une pièce froide, des boîtes, des étagères. Chez Dastum, il y a bien de la méthode, des normes, des procédures — mais au cœur, il y a surtout une idée simple : prendre soin de ce qui a été dit, chanté, confié, et le rendre à nouveau accessible.
Depuis sa création en 1972, Dastum s’est construit autour de trois grands gestes :
- Collecter : accueillir des enregistrements, aller sur le terrain, recueillir des voix et des répertoires.
- Sauvegarder : préserver les supports, numériser, sécuriser, documenter.
- Transmettre / valoriser : permettre la consultation, la recherche, la réutilisation (dans un cadre respectueux), et faire circuler ces mémoires.
Quand on dit « patrimoine oral », on parle de quoi ?
Le patrimoine oral, ce n’est pas seulement “des histoires”. C’est un ensemble vivant :
- des chants et des airs
- des contes et des récits
- des témoignages (travail, guerre, migration, croyances, fêtes, quotidien)
- des langues et des parlers (et la musique intime d’un accent)
Ce patrimoine-là a une particularité bouleversante : il se nourrit de l‘humain. On entend l’âge, l’émotion, la respiration, parfois le sourire. On entend le monde tel qu’il a été vécu.
La collecte, concrètement : le film en 5 étapes
Dans l’épisode, on déroule le processus comme un petit film — parce que c’est souvent là que tout devient clair.
Imagine : tu as une cassette, des fichiers, un cahier. Tu contactes Dastum. Et ensuite ?
1) Le dépôt : poser le cadre
Dès le départ, il faut comprendre d’où vient l’archive, dans quel contexte elle a été enregistrée, et surtout : quels sont les droits et les souhaits autour de cette voix.
Parce qu’une archive sonore, ce n’est pas un objet neutre. C’est une personne, une histoire, parfois une intimité.
2) L’inventaire : savoir ce qu’on a entre les mains
On identifie, on liste, on décrit. Ça peut sembler administratif — mais c’est déjà une forme de respect : nommer, c’est empêcher la disparition.
3) La numérisation : sauver le support
Cassettes, bandes, CD, fichiers… Les supports vieillissent, s’abîment, deviennent illisibles. Numériser, c’est stabiliser. C’est empêcher que le temps fasse son travail de gomme.
4) Le séquençage + la description : l’étape la plus longue
C’est souvent là que se joue le vrai “travail invisible”.
Découper un long enregistrement en séquences cohérentes. Décrire précisément ce qui est dit, chanté, raconté. Ajouter des informations utiles (lieu, date, langue, thèmes, personnes). Croiser les données. Vérifier.
Sans ça, une archive reste muette au milieu du bruit.
5) La mise en ligne : rendre accessible, sans trahir
Une fois traitées, certaines archives peuvent être consultées via DASTUMedia — avec des niveaux d’accès qui tiennent compte des droits, des personnes, et du contexte.
L’enjeu : partager, oui — mais partager juste.
Le travail invisible : pourquoi 1 heure de son peut demander 7 heures de traitement
Parce que beaucoup imaginent que “numériser” suffit. Or, ce qui prend du temps, c’est tout ce qui rend l’archive trouvable, compréhensible, utilisable.
C’est un travail d’orfèvre. Un travail de soin. Et, souvent, un travail discret — alors même qu’il conditionne tout le reste.
Écouter l’épisode (Podcasthon)
Dans cet épisode, je parle avec Vincent Morel de Dastum : mission, coulisses de la collecte, enjeux humains et juridiques, actualités… et surtout, cette question qui revient comme un fil : qu’est-ce qu’on perd quand on perd une voix ?
Si tu as déjà hérité de cassettes, d’enregistrements familiaux, de carnets, ou si tu aimes simplement les histoires qui ont une vraie texture : je pense que cet épisode va te rester.
Parce qu’au fond, soutenir Dastum, c’est soutenir une idée simple : nos voix comptent. Même après nous.
En savoir plus : visiter Dastum et les soutenir
Découvrir Dastum
- Site : https://www.dastum.bzh/
- Soutenir financièrement Dastum : https://www.helloasso.com/associations/fonds-de-dotation-pour-dastum/formulaires/1
- Explorer les archives en ligne (DASTUMedia) : https://www.dastumedia.bzh/
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Ce podcast est membre du Label Tout Savoir. Régies publicitaires : PodK et Ketil Media
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